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lullaby77

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Le Baclofène, un mythe mort?

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Le Baclofène, un mythe mort?

Message  Lisa le 12/12/2017, 04:08

Oups, mauvais jeu de mots, car via une récente recherche sur Google j'apprends que le grand lanceur de cette idée est mort... Ca me fait drôle, car j'ai eu l'occasion de discuter avec lui par mail.

Mais soit, j'en viens au fait. Il y a déjà pas mal d'années, Olivier Ameisen, un médecin cardiologue et grand alcoolique, s'est auto-médiqué avec le Baclofène à hautes doses, et d'après lui avec succès. Dans son engouement, et je peux le comprendre, il a voulu partager ça avec le public et a publié un livre dans lequel il relate son histoire et sa médication. Ca a fait un tollé! Les médias s'en sont mêlés, les patients alcooliques se sont mis à réclamer ce médicament à leur médecin, etc.
Même mon ancien centre de cure s'est mis à prescrire ce médicament.
A la base c'est un myorelaxant, relaxant musculaire. Mais il n'a jamais été utilisé dans des doses aussi hautes que le Dr Ameisen a prises et conseille. 
 
Pourquoi un tel tollé? Sûrement pour plusieurs raisons :
- Olivier Ameisen était lui-même alcoolique, et les alcooliques ont tendance à faire confiance à ceux qui sont passés par là où eux-même sont passés.
- Ce médicament promettait une indifférence à l'alcool, voire selon certains, une reconsommation contrôlée.
- Plus facile d'avaler des pilules que de faire un profond travail sur soi.
- Olivier Ameisen était médecin cardiologue, donc à priori crédible scientifiquement...

Depuis, des études ont été menées et aucune n'a pu prouver l'efficacité du Baclofène. Je connais toutefois quelques personnes qui disent s'en être sorties grâce à ce médicament mais elles sont rares, et là je crois davantage à l'effet placebo qu'à autre chose.
Je l'ai moi-même essayé il y a 8 ans, espérant grâce à lui passer du "sans alcool" au "hors alcool" mais sans succès. Sans effets secondaires non plus ceci dit, heureusement.

Comme je le disais plus haut, j'ai eu quelques échanges de mails avec le Dr Olivier Ameisen qui ne doutait pas une seconde que ça allait me réussir.
Je ne le juge pas, et je suis heureuse si pour lui ça a fonctionné... mais je me demande par quel miracle smiles

Ce que le Dr Ameisen a selon moi un peu oublié, c'est qu'on ne peut pas (jamais!) faire d'un cas une généralité, surtout pas en sciences et en médication. Il faut pour ça mener des études dignes de ce nom, et plusieurs, avant de pouvoir éventuellement se prononcer. J'ai bouffé assez de cours de statistiques et autres dans ma vie (ton fils aussi et encore plus que moi Shale!) pour savoir que ça demande tout un protocole et pas mal de temps. 

Au final, ce que je voudrais dire, c'est : faites attention à ce médicament! Son efficacité dans le cadre de la maladie alcoolique n'est pas prouvé, et il n'est pas dénué d'effets secondaires.
Ne vous laissez pas avoir par son aura de magie... s'il existait une solution magique et miracle, ça se saurait!
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Re: Le Baclofène, un mythe mort?

Message  Lisa le 12/12/2017, 04:30

Le Baclofène a moins le vent en poupe qu'il y a quelques années, mais le sujet ne me semble toutefois pas désuet...
En effet je reçois encore régulièrement des sollicitations du forums desquels je me suis pourtant dés inscrite, des invitations à des conférences, etc. Et lors de ma dernière cure il y a 2 ans, le psychiatre me l'a proposé... là j'ai hésité entre lui rire au nez, argumenter et nous expliquer (mais j'avais trop la flemme, la fatigue quoi), le jeter par la fenêtre ou me jeter moi-même par la fenêtre Very Happy  mais je me suis bornée à lui répondre tout simplement "Non merci, ça ira".
Mon ancien psychiatre aussi m'avait proposé ce médicament il y a bien des années, en me disant "C'est quitte ou double, ça marche ou ça ne marche pas". 
Comme quoi, les professionnels aussi peuvent être influencés par l'engouement d'un médicament qui "sauverait" les patients avec lesquels ils ont tant de mal. Et je peux les comprendre : un patient alcoolique c'est pas évident du tout! Et bien souvent ils se sentent démunis et désespérés autant que nous.

Pour illustrer ce que peuvent vivre et ressentir les professionnels, une petite anecdote : avec le Baclofène ( hasard ou pas) je fumais nettement moins. Du coup, le médecin traitant d'une de mes amies très grosse fumeuse s'est rué là-dessus et lui en a prescrit, tout plein d'espoir, en me disant : "Ah si seulement là je trouvais le truc pour faire arrêter mes patients de fumer!" Mais peine perdue. 

Je comprends tellement bien le désarroi et le désespoir des soignants dans certains cas. C'est là sans doute qu'il faut rendre ou redonner une responsabilité au patient. Mais ça c'est un autre débat smiles
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Re: Le Baclofène, un mythe mort?

Message  SHALE le 12/12/2017, 10:47

L'engouement pour le baclofène a bien diminué et heureusement car quelque part, ça a été une catastrophe. Non seulement, son effet semble de plus en plus être placebo ou alors à une dose telle que ce n'est pas possible, d'ailleurs la mort du docteur Ameisen me pose problème. Les effets secondaires sont assez difficiles à supporter et il induit que le malade peut continuer à consommer ce qui est faux. Etant sur ce forum depuis de longues années et ayant connu l'époque "tout baclofène", je ne connais personne qui s'en soit sorti avec ce produit, ils ont tous arrêté.... L'alcoolisme est un symptôme, si on ne soigne que le symptôme, la cause est toujours là et il y aura d'autres symptômes si celui ci ne revient pas!!

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Re: Le Baclofène, un mythe mort?

Message  Lisa le 13/12/2017, 15:25

Bien sûr Shale que l'alcoolisme est un symptôme et qu'on ne peut pas faire l'impasse sur un travail de fond.
La personne que je connais à qui le Baclofène a soi-disant réussi allait en hôpital de jour psy, et était suivie par un psychothérapeute et un psychiatre, donc là non plus je ne crois pas à un effet miracle du médicament. Je sais qu'elle est toujours abstinente au bout de 3 ans, mais j'ignore si elle prend toujours le Baclofène.

Je vois sur Internet que le Dr Ameisen est décédé à 60 ans d'une crise cardiaque... Crying or Very sad
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Re: Le Baclofène, un mythe mort?

Message  sylvie imbert le 13/12/2017, 16:53

Bonjour

Je suis désolée de m’immiscer dans votre conversation, mais je ne peux pas vous laisser dire de telles contre vérités.
Le baclofène est un traitement difficile à mener mais il est  efficace pour peu qu'il soit bien conduit.
Difficile parce que la dose efficace est impossible à prévoir à l'avance et très variable d'une personne à l'autre, en gros de 30mg/j à plus de 300mg/j
Difficile aussi parce que sa prescription est à la carte, autant pour la dose que pour les horaires
Difficile enfin à cause des effets indésirables qui peuvent être très pénibles
Du coup, il y a forcément des échecs

Mais quand il marche, il permet de supprimer la dépendance à l'alcool et en effet de pouvoir boire (ou pas) sans retomber dans l'excès.
Deux études récentes, Bacloville et Baclad, ont d'ailleurs démontré son efficacité
Ainsi que de nombreux témoignages de malades
Que ceux qui fréquentent ce forum aient tous arrêté n'a rien de surprenant ...

Quant à la mort d'Olivier Ameisen, un infarctus à 60 ans, est ce donc si rare pour que cela paraisse louche ?

"s'il existait une solution magique et miracle, ça se saurait!", je vous invite à lire cet article [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Il a été écrit par un médecin Australien qui loin des polémiques françaises et voulant aider ses patients a tenté ce traitement, et constaté que ça marchait

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Re: Le Baclofène, un mythe mort?

Message  SHALE le 13/12/2017, 18:46

Sylvie, tu défends le baclo contre vents et marées depuis longtemps, j'admire ta constance d'ailleurs, mais pour ma part mes doutes n'ont pas changé. Quand un malade me dit que pour lui, ça l'a aidé, je dis tant mieux, mais même s'il apporte de l'aide à quelques uns, il ne faut pas faire l'impasse sur la recherche de la cause profonde de l'alcoolisme....
Sur le forum, beaucoup ont pris du baclofène, ça n'a marché pour aucun, est-ce un hasard, j'en doute...Mais bon, tu défends ce produit pourquoi pas, tu y crois et bien tant mieux pour toi...Pour ma part, je défends une autre manière de se soigner, l'important étant d'arriver à s'en sortir..... smiles

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Re: Le Baclofène, un mythe mort?

Message  sylvie imbert le 13/12/2017, 21:39

Il n'y a pas de hasard
Comme je l'ai dit, ce traitement n'est pas simple et puis il faut aussi que le médecin ose prescrire la dose efficace et ne s'arrête pas à une dose arbitraire. Ce qui est très fréquemment le cas.
Quelqu'un qui vient ici chercher de l'aide n'a pas l'information nécessaire pour appréhender correctement ce traitement

La cause profonde de l'alcoolisme ?
Combien s'en sortent en fouillant le passé et en combien de temps ?
Combien meurent épuisés de ne pas trouver de réponses ?
Ou se retrouvent au bout du rouleau en ayant tout perdu ?

Et puis, de toute façon, le baclofène ne s'oppose à aucune approche psy
Il n'oblige personne à boire non plus ...

Bref, j'étais juste passée rectifier quelques infos
Je ne vous dérange pas plus

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Re: Le Baclofène, un mythe mort?

Message  SHALE le 13/12/2017, 21:45

Merci Sylvie smiles

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Re: Le Baclofène, un mythe mort?

Message  Lisa le 13/12/2017, 21:55

Sylvie, je ne sous-entendais pas du tout que le décès du Dr Ameisen était suspect.

A l'époque où je me suis intéressée au Baclofène, il n'y avait pas encore d'études menées ou alors juste à leurs débuts. J'ai aussi entendu dire que les doses "efficaces" varient d'un individu à l'autre.
Et à l'époque aussi, j'ai lu pas mal de forums où beaucoup disaient s'en être sortis grâce à ce médicament. Et certains médecins (généralistes et psychiatres) y croyaient aussi.
Je ne demanderais pas mieux que d'y croire, et que ça permette effectivement à pas mal de gens d'arrêter de consommer avant de tomber trop bas et de pouvoir mener un travail psy de fond avant d'être dans le gouffre.

Je dirais que le principal est de s'en sortir, et d'être bien dans son abstinence et dans sa vie smiles
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Re: Le Baclofène, un mythe mort?

Message  cristal le 14/12/2017, 21:26

on ne condamne pas le baclofène,tout ce qui peut marcher pour un MA est bon à prendre mais il ne faut effectivement pas oublier que si l'on est tombé dans la maladie alcoolique,c'est qu'à un moment de notre vie,ça a dérapé et que trouver le point de départ de notre mal de vivre est le meilleur moyen de reconstruire sa vie sereinement et de ne pas retomber sur cet déchirure.
Je crois qu'avec ou sans baclo comme le dit shale,il est très important de faire un travail psy mais je comprends que tu sois intervenue,tu défends ce que tu penses être l'un des meilleur remède,c'est tout à ton honneur. petits coeurs

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Re: Le Baclofène, un mythe mort?

Message  Lisa le 14/12/2017, 23:56

Petit ajout personnel sur l'importance d'un travail psy en profondeur, même en imaginant que le Baclofène serait une solution...
Comme le dit si bien Cristal, et comme il a été répété maintes et maintes fois, on ne tombe pas dans l'alcool par hasard, mais suite à divers problèmes et déclencheurs propres à chacun.
Si le Baclofène peut rendre indifférent à l'alcool, quoi rêver de mieux? Mais si on ne traite pas le problème de fond qui a conduit à cette addiction qui est en réalité un symptôme de ce problème, on risque de "déplacer" le symptôme. Ce que certains MAB appellent "changer de comptoir". Comme par exemple tomber dans une autre addiction.
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Re: Le Baclofène, un mythe mort?

Message  SHALE le 15/12/2017, 09:44

Tout à fait d'accord, Lisa, c'est d'ailleurs ce qui se passe.... smiles

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Re: Le Baclofène, un mythe mort?

Message  sylvie imbert le 15/12/2017, 20:42

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous
On commence à boire parce que certains événements nous ont fait nous intéresser à l'alcool ou simplement parce que l'alcool est présent partout, mais si on n'a pas de sensibilité biologique on ne devient pas alcoolique
La preuve en est bien que tous les alcooliques n'ont pas un passé déplorable et que tous ceux qui ont souffert ne deviennent pas alcooliques.

Alors, oui, parfois, il y a à faire un travail psy, mais pas toujours
Perso, je n'ai eu besoin de rien d'autre que du baclofène
Je n'ai jamais consulté de psy ni pris aucun AD ni anxio
Et je me porte très bien

C'est surement différent sans baclofène, puisque l'addiction est toujours là tapie dans un coin
Dans ce cas, le travail psy sert à l'éloigner
Et c'est sans doute pour cela qu'il y a tant de rechute

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Re: Le Baclofène, un mythe mort?

Message  cristal le 15/12/2017, 20:57

Pour tomber dans la maladie alcoolique,il faut 3 éléments,une faille dans son passé,la rencontre avec l'alcool et un élément déclencheur.L’élément bio dont tu parles est effectivement souvent présent,sans doute un gène de la dépendance pas forcément alcoolique d'ailleurs et aussi une faille psychologique qui n'est parfois même pas réellement présente mais vécue comme un traumatisme par l'enfant qui a mal interprété certaines choses de son passé.

je n'ai jamais vu de psy non plus ni pris de médicament par contre,j'ai beaucoup avancé avec ma meilleure amie qui m'a servi un peu de thérapeute si on veut mais cela m'a permis de comprendre pourquoi je me suis mise à boire et surtout,qui m'a permis de voir mes valeurs alors que j'etais persuadée que j'etais une moins que rien.
Tout cela pour dire qu'effectivement,il n'est pas obligatoire de voir un psy ou même de faire un travail sur soi pour s'en sortir mais que très souvent,dans la plupart des cas,le MA a une belle panoplie de casseroles à porter et qu'il est bon de les regarder en face pour les détacher une a une et vivre plus léger sans avoir besoin de béquille pour les supporter

Pour ce qui est du passé déplorable de MA,il n'est pas forcément là mais ce passé peut avoir été mal interprété comme je l'ai dit,j'ai eu une enfance heureuse et pourtant,j'ai bu,pourquoi?parce que je n'ai pas compris l'amour de ma mère et que j'ai basé ma vie sur cette certitude que ma mère ne m'aimait pas.
Et pour ceux qui ont eu un passé déplorable et qui ne boivent pas,heureusement que tout ceux qui souffrent ne deviennent pas alcoolique!!!! soit ils n'ont pas ce gène de la dépendance,soit ils ont une force en eux qui les empêchent de tomber dans la maladie,soit ils ont trouvé un autre moyen pour supporter leur souffrance,soit ils ont fait de cette souffrance une force ...il y a des myriades d'explications.
En conclusion,on ne peut pas dire que le baclofène soit LE médicament miracle mais qu'il peut marcher pour certains comme on ne peut pas dire qu'il est obligatoire de voir un psy ou de retourner dans son passé pour s'en sortir mais que ça aide enormément pour reconstruire sa vie sur des bases saines et vraies.

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Re: Le Baclofène, un mythe mort?

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