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La co-dépendance

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La co-dépendance

Message  Lisa le 2/6/2009, 22:38

La codépendance

Définition

La codépendance peut être définie comme une intoxication aux gens, aux comportements ou aux choses. La codépendance est l'illusion d'essayer de contrôler des sentiments intérieurs en contrôlant les gens, les choses et les événements à l'extérieur. Pour le codépendant, le contrôle ou le manque de contrôle sont centraux à chaque aspect de la vie.

- Hemfelt, Minirth, Meier, Love is a choice

La codépendance définit le problème d'aimer, de donner trop pour de mauvaises raisons.

Elle décrit la tendance de :

° aimer afin d'être aimé
° s'occuper des autres afin qu'on s'occupe de soi
° donner afin de recevoir
° plaire aux autres afin d'être accepté
° dorloter et calmer les autres afin d'éviter les conséquences

La plupart d'entre nous ont des tendances naturelles à être codépendants. Mais pour certains, la codépendance devient un style d'interaction puissante et négative pouvant blesser profondément les gens et détruire les relations.

Quand notre motif premier d'aimer quelqu'un vient de notre besoin désespéré d'amour, cela devient dommageable. Nous tendons à trop donner de nous-mêmes afin de s'assurer que les autres nous aiment. Parfois nous nous faisons violence et nous nous blessons nous-mêmes parce que nous ne savons pas dire non quand nous devrions dire non. La codépendance est vraiment un cri du coeur blessé pour obtenir l'amour.

- Alfred Ells

Le codépendant peut être accroché à une autre personne. Dans cette codépendance interpersonnelle, le codépendant se fond dans l'autre personne d'une manière si élaborée que le sens de soi - l'identité personnelle - est sévèrement restreint, envahi par l'identité et les problèmes de l'autre personne.

De plus, les codépendants sont comme une balayeuse devenue folle qui aspire tout sous son passage, non seulement les autres mais aussi les substances chimiques (alcool, drogues) ou les choses - l'argent, la nourriture, la sexualité, le travail. Ils luttent sans arrêt afin de rempli le grand vide émotionnel à l'intérieur d'eux-mêmes, ce sont des «trous de beignets».


La manière dont la codépendance fonctionne :

1° Un codépendant est porteur d’un ou plusieurs comportements compulsifs

2° Le codépendant est lié et tourmenté par la manière dont les choses se passaient et se vivaient dans sa famille dysfonctionnelle d'origine

3° L'estime de soi (et souvent, la maturité) du codépendant est très bas

4° Un codépendant est certain que son bonheur dépend des autres

5° Inversement, un codépendant se sent démesurément responsable envers les autres

6° La relation d'un codépendant avec son conjoint ou avec une autre personne importante est teintée ou endommagée par un manque d'équilibre entre la dépendance et l'indépendance

7° Le codépendant est maître dans l'art du déni et du refoulement

8° Le codépendant se soucie de choses qu'il / elle ne peut changer mais qu’il s’évertue à vouloir faire changer

9° Principalement, la vie d'un codépendant est ponctuée d'extrêmes

10° En dernier de tout, un codépendant recherche continuellement quelque chose qui manque ou qui est absent dans sa vie


Ces 10 traits enferment les codépendants dans trois réactions qui influencent leur vie de tous les jours :

1° Notre concept de la famille et de la vie adulte est façonné par notre enfance, et nous sommes liés (certains diront «condamnés») à répéter l'expérience familiale que nous avons vécue.

2° En plus de répéter l'expérience vécue dans l'enfance, nous la laissons façonner la plupart de nos choix et même la manière dont nous percevons les choses.

3° La pensée logique et rationnelle ne peut altérer les deux premiers items. L'enfant d'un alcoolique devenu adulte jure «Je ne marierai jamais un ivrogne ni ne soumettrai ma famille à la souffrance que j'ai endurée.» Cet enfant choisira presque invariablement un partenaire alcoolique ou quelqu'un qui est dysfonctionnel de manière similaire (ex. intoxiqué du travail) en dépit de toutes ses bonnes intentions, en dépit de la connaissance acquise au sujet du dysfonctionnement. La raison et la logique semblent s'envoler droit par la fenêtre, bannies par la chanson de la sirène séduisante du passé.


LES CAUSES DE LA CODÉPENDANCE

Les besoins émotionnels non rencontrés

La faim d'amour est une pulsion très positive, un besoin d'aimer et d'être aimé, inné dans chaque enfant qui naît. C'est un besoin légitime qui doit être satisfait du berceau au tombeau. Si les enfants sont privés d'amour - si leur besoin primordial n'est pas rencontré - ils vont transporter des cicatrices le reste de leurs jours. Les bébés peuvent en mourir s'ils sont privés d'amour.

Quitter la maison et dire au revoir

Une étape clé dans le recouvrement de la dépendance semble si facile - quitter la maison. Il n'y a apparemment rien là de particulier, n'est-ce pas? Tout le monde fait cela. Sauf que ce n'est pas un seul événement isolé. De plus, il y a 2 manières distinctes de quitter la maison: nous devons être certains que nous avons vraiment quitté la famille d'origine, et dit au revoir à papa et maman. Et nous devons littéralement dire au revoir à nos faux symboles de sécurité.

Dans notre culture, la dépendance des enfants se termine habituellement à la fin de l'adolescence ou au début de la vingtaine. Arrivés là, ils ont fini l'école et ont probablement commencé à fonder une famille. Ce n'est pas si simple cependant.

Il y a plusieurs niveaux d'indépendance et ils ne se produisent pas tous simultanément.

1. INDÉPENDANCE RÉSIDENTIELLE

Les enfants parviennent à l'indépendance résidentielle en quittant le foyer parental actuel.

2. INDÉPENDANCE FINANCIERE

Ils peuvent, cependant, être encore totalement dépendants financièrement, comme dans le cas d'un fils de 18 ans qui va au collège.

3. INDÉPENDANCE SOCIALE

L'indépendance sociale est complétée quand l'enfant développe un cercle d'amis qui lui est propre. Les amis peuvent connaître les parents ou partager l'amitié des parents, mais les enfants les comptent pour leurs propres amis.

4. INDÉPENDANCE VOCATIONNELLE

L'indépendance vocationnelle se produit quand l'enfant poursuit une carrière qui lui est propre.

5. INDÉPENDANCE SPIRITUELLE

L'indépendance spirituelle est obtenue quand les enfants ont établi leurs propres croyances, valeurs et codes moraux, qui peuvent ne pas refléter ceux de leurs parents.

Aucun de ces pas d'indépendance n'a besoin d'être fait en même temps.

6. INDÉPENDANCE ÉMOTIONNELLE

Ensuite, quelque part vers le milieu de la vingtaine ou au début de la trentaine, les enfants prennent le pas final, qui rend la séparation complète et claire, en quittant la maison émotionnellement.

Apparemment les enfants ont besoin de quelques années en dehors du foyer à voler de leurs propres ailes afin de construire une fondation solide de confiance en soi avant de s'attaquer à cette séparation finale. La réalisation de l'indépendance émotionnelle est pénible. C'est le dernier vestige des temps passés. Ça prend aux tripes et demande de la force pour faire ce saut.

Il y a des récompenses splendides quand on persévère avec cette étape finale. C'est finalement gratifiant d'émerger de l'ombre de la famille originale dans un statut complet d'adulte indépendant. Cela permet de mener, de son propre chef, une vie productive, saine et sans intoxication.




SAIN VERSUS CODÉPENDANT

Après tout, nous sommes nés dans des familles afin de les quitter finalement. Dans un sens, les bébés quittent la maison en naissant. L'indépendance grandit journellement. Apprendre à marcher sans aide, explorer, débuter l'école, obtenir son permis de conduire, quitter physiquement la maison, et ainsi de suite.

Le problème est que les codépendants ne semblent jamais faire cette séparation finale. Ils restent accrochés à un stade quelconque avant la terminaison du processus d'indépendance.

Quand on dit au revoir à ses parents, cela ne signifie pas couper tous les ponts mais c'est plutôt une déclaration d'indépendance. C'est l'au revoir qu'on fait avant de partir en voyage. "Je suis toujours ton enfant, mais je dépends de moi-même maintenant. A partir de maintenant quand je viens vous voir chez vous ce n'est plus en tant que résident émotionnel mais comme un visiteur." Ce genre d'au revoir a sa place que le parent soit vivant ou décédé.

COMMENT SAVOIR SI VOUS AVEZ QUITTÉ LA MAISON?

Ce n'est pas toujours facile à dire. Ce qui est un comportement approprié ou nécessaire pour une personne peut être se cramponner et dépendre pour une autre personne. Par exemple, une femme peut appeler chaque matin sa vieille mère fragile. C'est une précaution de sécurité raisonnable. Si maman ne répond pas au téléphone, elle va aller directement chez elle pour s'assurer que tout va bien.
Au contraire, un homme peut appeler sa mère tous les jours, même si elle est en bonne santé. Il peut avoir le besoin pressant d'entrer en contact avec elle, pour relater sa journée et ses pensées. La femme de l'exemple n'est pas dans une relation de codépendance avec sa mère, cet homme-ci l'est. Il n'a pas quitté la maison.

CRITÈRES QUI MONTRENT QU'ON EST TOUJOURS LA MAISON

Pour les adultes avec des problèmes de codépendance on peut faire un bref inventaire des connexions qui les retiennent avec leur famille d'origine.

1. Ce qui est un signe presque certain, c'est l'approvisionnement financier. Très souvent les adultes qui n'ont pas quitté la maison émotionnellement sont dépendants financièrement.

2. Les adultes codépendants peuvent même avoir de la difficulté à quitter la maison tout simplement. Ils peuvent bravement déclarer leur indépendance et quitter la maison, souvent pour se marier. Mais quelque chose se passe mal, ils se retrouvent en état de crise et ils reviennent à la maison retrouver la sécurité du vieux nid familial.

3. Comme on l'a vu, le besoin d'entrer en contact chaque jour avec un parent.

4. Les au revoir qui ont mal été faits, dans un esprit de rébellion. Les liens coupés sans au revoir appropriés.

Comment faire cette séparation émotionnelle finale si elle n'a pas déjà été faite? La méthode la plus facile c'est de s'asseoir avec ses parents et de leur parler. Discutez de votre vie lorsque vous grandissiez dans cette famille, de vos joies, peines, sujets de fierté, de frustrations et dites littéralement "au revoir".

Ne déshonorez jamais vos parents, cela abaisse autant les parents que l'enfant. Pas d'insultes, de paroles rabaissantes. Décrire les blessures; oui. Louanger ce qui était digne de mention; oui. Exprimer comment vous vous sentez; oui. Patauger dans un rôle exagéré de victime / martyr; non!

Si des affaires non terminées, des bagages émotionnels, entravent votre croissance et votre évolution personnelle, c'est important que vous vous déchargiez de ces bagages. Ceci signifie traiter cette affaire avec amour mais aussi avec fermeté. On ne peut penser à une meilleure manière d'honorer nos parents qu'en développant nos dons naturels.

Il y a un triste paradoxe dans ce concept de quitter la maison. Les codépendants, les personnes qui ont le plus besoin de mettre la famille originale derrière eux, sont justement ceux qui ont le plus de difficulté à faire la séparation. Les au-revoir et les transitions ne sont jamais faciles pour un enfant sain. Le premier jour à l'école, la remise des diplômes, le mariage peuvent tous apporter une larme ou deux. De tels événements sont poignants mais faisables. Les familles saines et équilibrées se laissent aller les unes les autres, permettant et acceptant que chacun poursuive son chemin. Les au-revoir appropriés sont difficiles, presqu'impossibles, pour les personnes émergeant d'une enfance douloureuse, dysfonctionnelle, abusive.

"C'est fou! Ca n’a aucune logique ! » disent ces personnes. Les choses étaient si douloureuses à l'époque. Pourquoi suis-je encore si lié dans ce qui semble en surface si facile à délaisser?

La réponse c'est la répétition compulsive, ce sentiment puissant qu'il y a quelque chose laissé derrière soi qui n'est pas encore terminé, achevé, clôturé. Si le codépendant quitte la maison, il ne peut plus arranger le problème.
Une autre réponse c'est que les codépendants tendent à rester accrochés après un élément quelconque du processus complexe de quitter la maison et restent sur le point mort pour toujours.

Les codépendants souffrent aussi du lien de culpabilité ou de honte bien plus que les autres enfants. À cause de la colère et du ressentiment qui les habitent, ils se sentent poussés à rester dans la famille d'origine, à rester liés à la source de la colère, et à la revivre. Même si la colère reste enfouie - en fait, surtout si la colère reste enfouie - elle continue à former un lien puissant de haute énergie émotionnelle.

Harold Walker, un courtier dans la quarantaine avancée, est un exemple d'une telle colère enfouie. En psychothérapie, il a juré de long en large que cette histoire de colère ne le concernait en aucun cas; il ne se sentait pas amer envers sa mère alcoolique. Il niait aussi toute colère dirigée contre sa femme ou sa famille. Mais ces vingt dernières années, il a fait passer sa famille par plusieurs faillites. Il a vu la banque reprendre ses maisons et ses voitures. Sa femme a finalement décidé à reculons de divorcer quand il a commencé à voler les fonds de placement de ses enfants. Même s'il nie toute colère, il est évident de l'extérieur qu'il en manifeste énormément envers sa femme et ses enfants. Tant qu'il ne peut pas dépasser ce stade, lui et sa famille sont voués à la misère et à la crise financière continuelle.

Il y a une autre étape à ce niveau - c'est dire au revoir aux faux symboles de sécurité ou fausses idoles. Et cette fois, au revoir signifie adieu pour toujours. Cela doit être permanent. Un faux symbole de sécurité est tout ce qui fonctionne dans votre vie comme quelque chose d’adulé, de « sacré », et dont vous ne pouvez vous passer, quelque chose auquel vous êtes attaché et lié de manière inappropriée. Dire adieu ne signifie pas nécessairement que vous expulsiez cette chose de votre vie. Cela signifie que vous dites un ferme adieu à sa présence trop envahissante.

Tout le monde a des parents; on ne les quitte pas facilement. Quand vous dites à vos parents le "au revoir" approprié et délibéré, vous devez, d'une manière ou d'une autre, remplir l'espace parental laissé vacant.
Nos parents, nous les percevions comme des êtres tout-puissants. A présent vous réalisez et acceptez que la toute-puissance n’existe pas, vous n’attendez plus de vos parents qu’ils soignent toutes vos blessures et chagrins comme par magie mais vous prenez vous-même vos chagrins en charge.


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Féminin 02/01/2009

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