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cristal, lullaby77

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L'alcoolique en état d'échec.

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L'alcoolique en état d'échec.

Message  SHALE le 20/3/2017, 11:13

On rencontre souvent des malades alcooliques de qui on dit, qu'ils sont incurables.Il y en a peu, mais il y en a, ils ont beau faire des cures, se soigner tant et plus, rien n'y fait, ils boivent toujours. C'est donc cette catégorie de malades alcooliques, décourageant pour le corps médical et les différents soignants, que j'ai mis ce texte... J'ai essayé de réfléchir à tout ça avec différents documents et en utilisant les expériences que j'ai connues.Je vous mets l'objet de ces réflexions, vous pouvez les commenter, les compléter, en discuter...


Comportement d'échec du malade alcoolique
 
Tel patient, par exemple, se présentera alcoolisé aux premières consultations. Il confessera volontiers tout le mal qu'il a infligé aux siens et exhibera son humble repentir, comme s'il attendait en retour une absolution.
Il fera état des nombreuses démarches de soins qu'il a entreprises dans le passé et qui, immanquablement, se sont soldées par des échecs.
Pathétique, cherchant à attirer pitié et compréhension, il adressera éloges et compliments au thérapeute, en le distinguant bien des intervenants antérieurs qui, eux, n'ont pas su s'y prendre. Ces aveux, cet auto-abaissement et ces louanges constituent un défi inconscient, tout autant qu'un appel à l'aide.
Le soignant est déjà inscrit au tableau de chasse de ce pauvre bougre en déconfiture habitué à infliger des revers à ceux auxquels il demande de l'aide.
"Innocenté" par les échecs successifs des professionnels, l'intéressé porte son alcoolisme incurable comme un destin qui le rend unique.
Il trouve même une raison supplémentaire de boire dans le fait que, précisément, il endure un alcoolisme ravageur et incurable.
Son alcoolisation excessive permet de soulager tout autant que d'entretenir un mal-être qui lui est nécessaire pour continuer de vivre. Tout se passe en effet comme s'il ne pouvait continuer à exister qu'en se tuant à petit feu.
Il se cramponne donc à l'alcool pour survivre, et se venge des humiliations subies, en mettant en échec toute entreprise de sauvetage à son égard. D'abord il complimente les soignants, puis il jouit de leur déconvenue quand, après des débuts prometteurs sur la voie de l'abstinence, il "rechute". Quel plaisir, alors, de pouvoir susciter chez des spécialistes un sentiment d'impuissance
Mais les dits spécialistes disposent de toutes sortes de défenses pour se démarquer d'un individu qu’ils jugeront décidément trop peu motivé pour pouvoir tirer profit de leur compétence...
L'intéressé se donne ainsi l'occasion de se sentir à la fois tout-puissant, rejeté, et justifié de reboire.
Il s'alcoolisera donc, jusqu'à ce qu'il trouve d'autres personnes avec qui poursuivre ce jeu de "qui perd gagne". Répéter ces conduites d'échec peut s'avérer moins angoissant pour lui que d'assumer des responsabilités auxquelles il n'est pas habitué.
Ils semblent dépourvus de toute capacité d'acquérir une maîtrise symbolique sur leur vie. L'alcool paraît avoir court-circuité en eux toute possibilité de mentalisation.
Ils manifestent tout à la fois un déni caricatural de leur alcoolisme et une demande d'intervention médicale qui leur donnerait la possibilité de boire "sans problèmes", "comme tout le monde".
Outre ce déni de leur réalité et ce recours à une toute-puissance magique, ils laissent percevoir une angoisse indéfinissable qu'ils s'efforcent de refouler et qui s'exprime dans leur corps.
Leur aptitude à penser, à fantasmer, à imaginer, semble atrophiée, comme si elle était elle-même synonyme d'angoisse.
L'existence leur apparaît comme une histoire de chance et de malchance, comme un déclin à subir plutôt que comme un destin à accomplir.
Pour ces patients, plus que pour tout autre, l'alcoolisation a fait fonction de soupape de sécurité lorsque des affects indicibles exerçaient en eux une pression trop angoissante.
Une cure de désalcoolisation ne représente pour eux qu'une sorte d'armistice face à un adversaire devant lequel ils sont obligés temporairement de s'incliner.
Au fond d'eux-mêmes, ils n'ont pas renoncé à prouver qu'ils peuvent boire "normalement".
Leur recours aux soins médicaux leur permettra, pensent-ils, d'être plus à même, par la suite, d'affronter l'alcool. De fait, une fois passé le coup de semonce, ils ne voient guère de raison pour ne pas "essayer de boire de temps en temps".
Ils pourront même considérer leur capacité à reboire comme une preuve évidente de leur guérison.
Ils vont ainsi d'échec en échec, sans qu'aucun progrès puisse s'opérer dans leur vie.
Certains finissent par devenir invalides, à la charge de la société.
L'incapacité peut devenir un refuge dans lequel il peut être tentant de s'installer, tant elle procure d'avantages.
Elle permet notamment de bénéficier de soins et d'attentions qui autrement feraient défaut.
Elle permet de se libérer des responsabilités, des attentes, des pressions exercées par l'entourage.
Elle permet de signifier un hors-jeu relationnel qui dispense d'avoir à s'impliquer, à prendre position, à se défendre, à s'opposer à l'autre.
Elle permet d'exercer un pouvoir sur ses proches, d'acquérir ou de maintenir une emprise sur eux en faisant peser sur eux la responsabilité de cette invalidité, sans qu'ils puissent dénoncer le caractère agressif d'une telle manière d'être.
L'incapacité, en somme, peut, paradoxalement, conférer une forme de toute-puissance.
il apporte un éclairage, sur le comportement de certains malades alcooliques,
qui tout en se plaignant et en souffrant de leur alcoolisme continue à ce complaire dans un comportement d'alcoolisation, de réalcoolisation.
J'ai pu croiser des personnes qui utilisaient leur alcoolisme dans un registre de plainte et de souffrance mais qui aussi revendiquait cet état comme une identité, comme une force et une puissance.
Face à ce type de comportement il est très difficile de convaincre la personne de se soigner,car supprimer l'alcool supprime l'objet de sa puissance.


Dernière édition par SHALE le 22/3/2017, 21:32, édité 1 fois

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Re: L'alcoolique en état d'échec.

Message  SHALE le 21/3/2017, 22:10

Ce texte qui tente d'expliquer pourquoi on pense que certains malades alcooliques sont incurables , me semble très important, je suis surprise qu'il n'y ait pas de réaction, ne serait-ce que pour trouver des idées sur comment aborder un tel malade ????

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Re: L'alcoolique en état d'échec.

Message  cristal le 21/3/2017, 22:16

je ne l'avais pas vu shale,je le lirai demain à tête reposée,je suis sur le point d'aller me coucher là fatigué

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Re: L'alcoolique en état d'échec.

Message  SHALE le 21/3/2017, 22:26

OK? bonne nuit alors, je crois que je ne tarderai pas non plus d'ailleurs!! smiles coeurs coeurs

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Re: L'alcoolique en état d'échec.

Message  mamou le 21/3/2017, 22:28

Moi aussi.... merci shale  coeurs

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Re: L'alcoolique en état d'échec.

Message  cristal le 22/3/2017, 16:14

j'ai du mal à bien comprendre le sens de ce texte à vrai dire,il semble qu'ici,on cherche à expliquer la raison de la maladie: s'attirer l'attention des autres,se complaire dans cette maladie qui nous rend tout puissant,savoir au fond de nous(MA) que c'est notre destin et qu'on y peut rien.J'avoue que j'ai du mal avec ce texte Crying or Very sad 
Un MA qui boit ne le fait pas pour une raison précise,je veux dire qu'au départ,on boit parce que ça nous fait du bien,ça fait du bien là où on a mal.je ne pense pas que l'on cherche à manipuler le soignant quand on veut vraiment se soigner,on ne recherche pas non plus l’échec,quand on décide d'arrêter de boire pour soi,parce que sa vie en dépend,on ne cherche pas à tout faire capoter loin de là.ce combat est extrêmement difficile et chamboule toute une vie,il y en a des failles à traverser avant de se sentir bien dans sa vie alors OUI,souvent on tombe mais pas pour se prouver qu'on est bien un incapable,juste parce que c'est dur,fatigant et que l'environnement est très rarement une aide pour le MA qui est incompris.
Je crois que je vais relire ce texte que j'ai peut être mal compris mais à la première lecture,il me laisse un  sentiment mitigé.On ne peut pas cataloguer ainsi un MA ni trouver des interprétations toutes faites comme ça,c'est tellement complexe et personnel cette maladie.
je ne dis pas qu'il n’existe pas de mA qui ne veulent pas sortir de leur maladie et qui se sentent bien à se faire "chouchouter "par les soignants tout en se disant que de toute façon,c'est leur destin,mais ce n'est pas ce que pensent la plupart des MA qui sont dans une réelle souffrance et qui veulent vraiment retrouver un sens à leur vie

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Re: L'alcoolique en état d'échec.

Message  SHALE le 22/3/2017, 17:39

Je ne l'ai peut-être pas assez expliqué, mais j'ai trouvé l'idée de ce texte en pensant à tous les malades alcooliques que l'ont pense incurable comme certains que nous avons connus ici...Je ne pense pas aux malades alcooliques habituels, qui mettent le temps qu'il faut mais qui finissent par se soigner, je pense aux malades avec qui rien ne marche, qu'est-ce qui peut motiver ce besoin de ne pas s'en sortir, car je pense que c'est un besoin pour eux...D'où l'écriture de ce texte, j'ai trouvé plein d'exemple sur internet de malades de ce genre là et ils sont quasiment impossible à soigner Crying or Very sad C'est pour comprendre ça que j'ai fait ces recherches!!!

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Re: L'alcoolique en état d'échec.

Message  cristal le 22/3/2017, 21:24

ah,excuse moi,je n'avais pas compris que cela concernait que quelques malades,je croyais que ce texte parlait de tous les MA.je vais le relire avec cette nouvelle approche,ça devrait mieux me parler petits coeurs

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Re: L'alcoolique en état d'échec.

Message  SHALE le 22/3/2017, 21:30

Oui, tu as raison, je ne l'ai pas assez précisé, dans ma tête c'était clair, mais pas forcément pour ceux qui ne sont pas dans ma tête, heureusement pour eux d'ailleurs... Very Happy

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Re: L'alcoolique en état d'échec.

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