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erilyo

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Témoignage de Diky

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Témoignage de Diky

Message  Malau le 14/9/2010, 00:35

Il y a plus de 10 ans, j'ai admis avoir un "léger problème" avec l'alcool. J’étais une grosse consommatrice intermittente. Je pouvais passer plusieurs jours sans prendre une goutte d’alcool, et quand je reprenais le premier verre, je ne pouvais pas me limiter. Il me fallait toujours aller jusqu’à l’ivresse.

J'ai été en réunion de MAB. Ca m'a fait du bien durant 2 ans. J’ai eu des périodes d’abstinence de plus de 5 mois. Je rechutais 1 mois et repartais dans une autre période sans alcool. J'ai malheureusement repris petit à petit la route du rhum, les périodes « avec » étant plus longues et les périodes « sans » de plus en plus courtes, mais toujours avec l'envie de m'en sortir.

J'ai été suivie par un médecin alcoologue durant 5 ans ( soit une fois par semaine, soit tous les 15 jours selon mon état), plus les réunions de MAB. J'alternais toujours les périodes "avec" ou "sans". Tant que je n’avais pas changé mon mode de vie, elle ne pouvait rien faire de plus pour moi. J’ai arrêté de la voir, mais elle m’a quand même aidée à comprendre ma relation fusionnelle et toxique avec ma mère.

Je n'étais pas du tout dans l'idée d'une cure. Les cures, c'était pour les autres, ceux que je voyais très abîmés en MAB, par pour moi !! J'étais sure d'y arriver toute seule comme une grande.

Le temps a défilé, les verres d'alcool aussi. Toujours une bonne raison pour ne pas me soigner vraiment : le boulot, ma famille, le boulot, mon image aussi, et encore le boulot. J’avais un boulot harassant, j’ai gâché ma vie à vouloir la gagner.
J’arrivais à tenir la semaine et m’écroulais le week-end en buvant très vite des alcools forts. Alcoolisme solitaire souvent propre aux femmes, enfermées dans la honte et la culpabilité.

Je vis seule, pas besoin de planquer les bouteilles chez moi…J’achetais une bouteille de rhum le vendredi soir, en buvait la moitié le soir et je jetais le reste dans les WC le matin…et je recommençais le samedi soir le même cinéma. Par contre, je ne buvais jamais le dimanche…pour arriver fraîche et dispose au travail, le lundi suivant.

Plus de mari depuis longtemps, ma fille habitant loin de chez moi, peu d’amis puisque ma vie n’était qu’au travail. Un amant ( Mon patron très marié)…Mon poste de responsable du personnel ( et la poule du patron ) m’isolait des autres collègues !! J’étais rangée au placard le week-end. J’ai enduré ça durant 17 ans. Pourquoi avoir supporter tant d’humiliations ? L’alcool m’a permis de supporter cette vie solitaire. Je ne trouvais pas d’issue à cette situation.
Mon patron ( et amant ) a vendu l’entreprise, et le repreneur s’est empressé de me virer salement sur un prétexte fallacieux. Les prud’hommes se chargeront de me rendre justice.

En fait, J'ai eu enfin la chance de me faire licencier, Je n'osais pas sortir de ce cercle infernal. Me voilà enfin libre et enfin j'ai le temps de me soigner.
A refaire...je ne sais pas...j'étais trop coincée dans mon rôle, dans mon job, dans l'image que je voulais donner. J'étais surtout trop dans l'alcool, incapable de me sortir seule de ce bourbier. Mon raisonnement était faussé. Je gagnais très bien ma vie mais la gaspillais en achats compulsifs, toujours dans l’excès, pour remplir le vide de ma propre vie.

J’ai été viré de mon boulot le 29 mars 2010 en 10 minutes chrono…( mise à pied conservatoire, j’ai du rendre les clés de mon bureau, mon téléphone et partir de l’entreprise illico). Ma vie s’est effondrée…puisque plus de travail.
J’ai sombré dans un gouffre. Envie de suicide. J’ai picolé bien sur non-stop…là, je ne vidais plus les bouteilles dans les chiottes.

J’ai quand même eu la force de passer un bilan de compétences pour faire le point sur mes capacités et me réorienter professionnellement. Je ne veux plus jamais retourner dans mon ancien job, c’est clair. D’ailleurs ce bilan de compétences a confirmé que j’avais toutes les capacités pour m’orienter vers un job orienté ventes/négoce. J’aime le contact, l’action, la négociation, bouger, entreprendre. L’alcool ne m’a pas complètement anéantie. J’avais même commencé à démarcher pour trouver un nouveau job, mais l’alcool avait fait des dégâts, et je ne me sentais pas capable de me présenter devant un futur employeur avec la tête que j’avais.

Je suis partie en vacances début Juillet dans ma maison en Auvergne avec Nounours ( mon amant ). Repos, pas d’alcool, beaucoup de cogitations sur ma vie passée, sur mon licenciement et sur mon avenir.

Au retour, le lendemain matin, j’ai appelé le SHALE pour m’inscrire à la cure. Je n’arrive toujours pas à comprendre ce qui m’a poussée ce jour là. C’était un réflexe de survie.

A refaire, j’en sais rien si j’aurais eu le cran de faire une cure avec mon travail sur le dos. Les bouleversements de ma vie m’ont forcée à réagir.

Je vais partir Mardi prochain en cure, et c'est la plus grande chance que je me donne pour changer enfin de vie.

J’ai préparé mon départ. Ma valise est prête. J’y ai mis tout mon cœur. Je suis déterminée pour que ça marche. Et ça va marcher, je le veux tellement. J’ai tant de belles choses à vivre après.

J’ai essayé de me battre contre l’alcool, je n’ai pas réussi.

Ma plus grande victoire a été de baisser les bras et d’aller enfin en cure. J’ai admis être Malade Alcoolique et devoir me soigner.

Si mon post peut aider un MA qui doute encore, qu’il n’hésite pas à franchir le pas de la cure pour enfin trouver la liberté de vivre pleinement.

Je rentre en cure au SHALE le mardi 24 aout 2010. Un tournant de ma vie.

Diky
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Malau
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Féminin 01/01/2009

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